Un escape game annuel à la médiathèque Le Shed
Fin de saison pour le désormais traditionnel escape game annuel proposé par la médiathèque Le Shed (Pélussin) !
Rencontre avec Audrey Darbost, responsable adjointe du Centre culturel, et retour sur l’émergence d’un projet collectif qui rassemble chaque année 450 à 500 participants.
Aux origines du projet, le Covid. Alors que les possibilités d’accueil du public sont fortement contraintes, l’équipe de la médiathèque s’interroge sur les activités qu’elle peut continuer à proposer.
Audrey Darbost, alors responsable du secteur multimédia et jeux, a l’idée de mettre en place le premier escape game de la médiathèque. Pour ce faire, l’équipe adapte « Panique dans la bibliothèque », un escape game proposé par Instant Science à l’occasion de la Fête de la science 2018. Téléchargeable clé en main, le jeu est spécialement conçu pour les bibliothèques, médiathèques, CDI et bibliothèques universitaires. Le succès est immédiat !
En 2022, l’opération est renouvelée avec un nouvel univers : la médiathèque propose cette fois un escape game sur le thème de Harry Potter, réalisé par Anne Bercier, de la médiathèque de Tarentaize.
La médiathèque se lance dans la création
En 2023, une nouvelle étape est franchie : la médiathèque propose aux visiteurs un escape game dont les décors et les énigmes sont entièrement réalisés en interne. Pour choisir le thème, l’équipe s’appuie sur la programmation du CinéPilat lors de son Marathon du cinéma. Cette année-là, place aux pirates !
Le projet commence à mobiliser au-delà de l’équipe de la médiathèque. Certains usagers proposent spontanément de participer à la création des décors. Des entreprises du territoire apportent également gracieusement leur aide. L’une d’elles fournit même le sable nécessaire pour recréer une véritable île aux pirates !
Les habitants passent à la fabrication
En janvier 2024, un premier appel à participation est lancé afin d’associer pleinement les habitants à la réalisation des décors de l’escape game, consacré cette fois à l’univers du Hobbit. Des ateliers sont proposés et les fournitures nécessaires sont mises à disposition des participants : peinture, papier journal, papier mâché… Chacun peut confectionner les éléments de son choix, sans sélection de la part de l’équipe.Plusieurs participants choisissent également de faire don de leurs créations à la médiathèque ou de les réaliser directement chez eux. Cette même année, un usager conçoit même le programme informatique qui permet de gérer le déroulement de l’escape game, notamment l’ouverture des différents cadenas !
Suivront, en 2025, une édition sur le thème de Jurassic Park, puis, en 2026, une édition consacrée aux jeux et jouets (en lien avec la sortie de Toy Story 5).
Un projet collectif qui demande du temps
La mise en place d’un escape game nécessite un important travail de coordination, en amont pour concevoir et installer le jeu, mais également pendant toute sa période d’exploitation.
Audrey Darbost est pleinement mobilisée pendant la période estivale pour animer les différentes sessions de jeu. Depuis cette année, elle peut heureusement compter sur l’aide de trois bénévoles. Cette mobilisation réduit le temps dont elle dispose pour ses autres missions : l’équipe de la médiathèque, composée de 3,5 ETP et de 28 bénévoles, absorbe ainsi cette charge de travail supplémentaire.
À l’avenir, l’organisation devra toutefois être adaptée. Audrey Darbost deviendra, fin 2027, responsable du Centre culturel, à la suite du départ à la retraite de l’actuelle directrice. L’escape game de l’année prochaine sera donc volontairement plus léger et emprunté à la MDL : les décors ne seront pas réalisés par l’équipe et les volontaires. Une adaptation nécessaire pour permettre à l’équipe de passer ce cap et, pourquoi pas, de retrouver par la suite un projet dans la lignée des précédents lorsque son organisation sera stabilisée.
Une animation qui trouve son public
Les décors sont installés en juin et l’animation se déroule pendant l’été. Au total, la médiathèque propose environ 100 créneaux de jeu sur l’année (dont une trentaine spécifiquement programmés en décembre), et accueille 450 à 500 participants par an. Les groupes sont constitués de six personnes maximum, avec au moins deux adultes ; la formule est particulièrement adaptée aux familles.
Le succès ne se dément pas : cet été, 20 groupes figuraient sur liste d’attente, tandis que l’ensemble des créneaux disponibles ont affiché complet en seulement une semaine.
Une belle occasion de créer du lien sur le territoire
Au-delà du jeu lui-même, l’escape game est également devenu l’occasion de tisser des liens avec différentes structures de la commune. Le centre de loisirs, l’accueil périscolaire, mais aussi l’association Les 4 Versants (espace de vie sociale), participent à la confection des décors après des échanges avec l’équipe de la médiathèque. L’escape game est un véritable projet collectif, construit avec les habitants et les acteurs du territoire.
Il contribue également au rayonnement du Centre culturel sur le territoire et à son identification comme une structure culturelle dynamique, notamment durant la période estivale. L’escape game favorise par ailleurs une dynamique conviviale entre les habitants, avec l’émergence de petits défis entre familles et habitants de certains hameaux autour des temps réalisés. Il constitue, entre autres, un moyen de communication pertinent pour valoriser l’ouverture continue de la médiathèque durant les mois de juillet et d’août.
Une expérience à partager avec les bibliothèques de la Loire
L’expérience de Pélussin montre qu’un escape game peut prendre des formes très différentes : scénario clé en main, création de ses propres univers, implication des habitants, développement des partenariats locaux…
Et il n’est pas nécessaire de tout inventer seul ! Les équipes qui souhaitent se lancer peuvent s’appuyer sur les nombreuses ressources disponibles en ligne, mais aussi solliciter la médiathèque Le Shed pour s’appuyer sur les scénarios d’escape games déjà réalisés. Alors, pourquoi pas vous ?
N'hésitez pas à contacter directement Audrey Darbost.
