Une médiathèque qui se réinvente depuis la crue
En octobre 2024, Rive-de-Gier et sa médiathèque sont frappées par une inondation exceptionnelle. La médiathèque est aux trois quarts détruite et perd la moitié de ses collections : elle doit se réinventer dans l’urgence.
Entre solutions transitoires, nouveaux usages et solidarité territoriale, l’équipe a transformé l’épreuve en terrain d’expérimentation.
Novembre 2024 - mars 2026 : une médiathèque qui s’adapte
Trois semaines seulement après la crue, la médiathèque est rouverte. Sur une surface réduite à 350 m², les 11 agents, dont la responsable, proposent un service de prêt indirect avec des horaires limités.
Une nouvelle relation au public s’invente. Les bibliothécaires composent des « paniers surprise » de documents, préparés à l’avance ou sur place. Le succès est au rendez-vous : plus de 7 000 paniers sont distribués en un an. Les usagers se laissent guider et découvrent autrement les collections. Certains se tournent vers les bibliothèques du réseau Itinérances.
En parallèle, la médiathèque maintient ses actions culturelles hors-les-murs : 30 animations sont organisées. 45 accueils de classe sont également effectués.
Dans le même temps, un important travail de reconstitution des collections est engagé. 6 000 documents sont acquis en un an.
Cette période, bien que difficile, permet de renouveler les pratiques de médiation et la relation aux usagers. Malgré une baisse significative du nombre d’inscrits, la médiathèque continue de faire vivre le service public, autrement. Le lien avec les habitants est plus personnalisé.
Depuis mars 2026 : deux locaux pour une médiathèque


En 2025, un commerce situé à une trentaine de mètres de la médiathèque se libère : la Ville décide d'en faire usage pour cette dernière. De gros travaux sont lancés afin d'y proposer un nouvel espace dédié à l'accueil général de la médiathèque et au secteur adultes.
Depuis début mars, le service s’organise sur deux sites séparés d'une trentaine de mètres :
- Côté place (1A, cours Gambetta) : nouveau local d’environ 200 m², pour l’accueil et les collections adultes. Sa surface contrainte amène notamment l'équipe à présenter les collections par rotation des fonds.
- Côté cours (3, cours Gambetta) : espace jeunesse maintenu en prêt indirect, en attendant des travaux de rafraîchissement.
Le mobilier, dans sa quasi-totalité issu de dons (bibliothèques de Saint-Chamond, Givors, Saint-Priest-en-Jarez), témoigne d’une forte solidarité territoriale.
Un soin particulier est apporté à l’accueil : un projet participatif de nouvelle banque, conçue dans le cadre du Fond de concours Design dans la ville porté par Saint-Étienne Métropole, a été réalisé. La banque a été pensée avec les bibliothécaires, les services techniques de la Ville et les usagers. Fonctionnelle et ergonomique, elle incarne la volonté d’adapter les services aux pratiques et besoins des usagers dans une démarche d'économie circulaire.
Pour Anne Machado-Garat, responsable de la médiathèque, cette période agit comme un véritable laboratoire : tester, ajuster et observer les usages, en vue de penser la future médiathèque. L’accompagnement de la Médiathèque départementale (prêt d'étagères et porte-revues, notamment) et du réseau a joué un rôle déterminant dans cette dynamique.
Et demain ?
À moyen terme, des travaux de rafraîchissement sont envisagés pour améliorer l’accueil du public dans l’espace jeunesse. Au-delà, la question de l’avenir du site se pose, dans un contexte marqué par la proximité du Gier.
Alors que la ville poursuit son développement culturel, avec notamment un nouveau cinéma et un conservatoire, la médiathèque s’inscrit dans une réflexion globale et d'actualité : comment imaginer un équipement à la fois résilient et adapté aux usages de demain ?
